Texte et traductions
Présentateur : Et maintenant, nous sommes avec Gideon Kouts, qui a été le correspondant de Mabat en Syrie au cours des dernières vingt-quatre heures. Gideon, vous faisiez partie de la délégation de journalistes qui accompagnait Sarkozy, et vous êtes maintenant déjà à Paris. Mais à Damas, comment vous êtes-vous présenté ?
Gideon Kouts : À Damas, je suis arrivé en tant que correspondant israélien, et c’est peut-être là toute l’histoire, parce qu’on m’y a reçu comme correspondant israélien, on m’a accordé un visa et, lorsque j’ai obtenu le visa à Paris pour accompagner cette visite, on m’a dit qu’on espérait que je la couvrirais dans un esprit d’amitié entre les pays. C’est pourquoi, une fois arrivé là-bas, j’ai été quelque peu déçu, malgré le grand intérêt que suscitait une telle visite. Après tout, c’est la première fois qu’un correspondant israélien visite le palais d’un président syrien. La déception concernait peut-être d’abord la ville elle-même. Toute la... l’image que nous avons de Damas, une ville... une ville... une ville aux multiples facettes, une belle ville : c’est une ville très délabrée, et il faudra vraiment beaucoup d’investissements pour la remettre en bon état. C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles Assad essaie de briser l’isolement... l’isolement international de son pays. Seul le palais du président, au sommet, est un tout autre monde. Et c’est en essayant d’entrer dans ce palais que les problèmes ont commencé, pour moi et pour un autre journaliste juif qui m’accompagnait — le pauvre n’était pas israélien. Au début, on nous a assigné des gardes du corps à l’intérieur de l’hôtel de la délégation, des gardes du corps qui, en fait, ne nous laissaient aller nulle part, ni même sortir. Et lorsque nous sommes finalement partis avec la délégation pour le palais et d’autres endroits, il y a eu sur place ce qui était peut-être, d’après ce que j’ai compris, une sorte de querelle médiatique entre différents groupes au sein de la présidence. Les agents de sécurité ne voulaient pas nous laisser entrer, tandis qu’à la fin, le secrétaire du président a permis à votre correspondant d’assister aux deux conférences de presse qui s’y sont tenues. J’ai donc vécu cela moi-même, comme si j’incarnais cette question des négociations indirectes. Les négociations indirectes, c’est-à-dire qu’on a parlé de paix ; il y a eu aujourd’hui un sommet quadripartite, et il a été question de paix et de pourparlers de paix avec Israël et dans la région, mais cela reste indirect : autrement dit, on peut le faire sans la présence de la partie intéressée. Il ne leur a donc peut-être pas semblé important qu’un journaliste israélien soit là. Au bout du compte, il faudra apparemment surmonter beaucoup... beaucoup, beaucoup de murs de... de... de... déni, de... de haine accumulée au fil des ans. Pour finir, je voudrais dire que j’y ai aussi mangé un bon houmous, alors la route... [rit] la route de Damas vaut peut-être... vaut peut-être la peine.
Présentateur : Et le houmous, comment était-il ?
Gideon Kouts : Le houmous était excellent. Le houmous était excellent, et c’est peut-être la seule chose qui m’encourage à y retourner après l’accueil, qui a été assez difficile et tendu. Et j’aurai l’occasion d’y retourner, je pense, demain.
Présentateur : Eh bien, nous en prenons note : le houmous de Damas est excellent. Gideon Kouts, qui a été le correspondant de Mabat à Damas au cours des dernières vingt-quatre heures, merci beaucoup. Et demain, un compte rendu détaillé de cette visite en Syrie et à Damas.